Le Cameroun n'a plus remporté la Coupe d'Afrique des Nations depuis 2017 au Gabon, et cela commence à faire long pour un pays qui compte cinq étoiles sur son maillot. Originaire de Douala et passionné par les Lions Indomptables depuis mon enfance, j'ai analysé en profondeur les forces et faiblesses actuelles de la sélection. Voici ma feuille de route pour ramener un sixième trophée continental à Yaoundé en 2027.

L'héritage glorieux qu'il faut honorer

Avant d'attaquer les problèmes actuels, rappelons ce que représente le Cameroun dans l'histoire du football africain. Champion d'Afrique en 1984, 1988, 2000, 2002 et 2017, le Cameroun est l'une des nations les plus titrées du continent. Notre quart de finale historique en Coupe du Monde 1990 (qui reste la meilleure performance d'une équipe africaine en Mondial) a inspiré toute une génération de jeunes Africains à croire au football.

Mes premiers souvenirs de football remontent à la CAN 2002 que les Lions ont remportée au Mali. J'avais 7 ans, et j'étais collé devant la télé avec mon père. Cette génération de Geremi, Patrick Mboma et Marc-Vivien Foé reste pour moi l'incarnation du football camerounais : technique, puissance, intelligence collective.

Le constat des dernières années

Depuis le titre de 2017 sous Hugo Broos, le Cameroun a enchaîné les déceptions. Élimination en quart de finale à la CAN 2019, demi-finale à domicile en 2021 (avec une 3e place qui a laissé un goût amer), élimination en quart en 2023 en Côte d'Ivoire. Chaque tournoi, on sent qu'il manque quelque chose pour franchir le dernier palier.

J'ai été présent à Yaoundé pendant la CAN 2021 et j'ai pu voir de près les forces et les limites de l'équipe. La génération Onana, Ekambi, Aboubakar a énormément de talent individuel, mais elle manque de cette cohésion collective qu'avaient les anciens. Trop souvent, on a vu des joueurs qui jouaient pour eux-mêmes plutôt que pour l'équipe.

Les talents actuels qu'il faut mieux exploiter

Le réservoir actuel des Lions Indomptables est exceptionnel sur le papier. André Onana à Manchester United reste l'un des meilleurs gardiens d'Afrique. Vincent Aboubakar continue de marquer en Arabie Saoudite. Karl Toko Ekambi est titulaire à Lyon. Et de jeunes talents émergent : Brian Mbeumo brille à Brentford, Frank Magri en Italie, et Carlos Baleba s'impose à Brighton.

Le problème n'est pas le talent, c'est la mentalité et le système. Trop souvent, ces joueurs arrivent en équipe nationale sans préparation suffisante, et ils sont catapultés dans des matchs à élimination directe sans avoir eu le temps de construire des automatismes. C'est un problème structurel que les nouvelles fédérations doivent résoudre.

Mes 5 axes d'amélioration

1. Stabiliser le banc de touche. Depuis Hugo Broos, le Cameroun a connu cinq sélectionneurs différents. C'est trop. Il faut donner du temps à un projet, idéalement 3-4 ans pour qu'un coach puisse imprimer son identité.

2. Investir massivement dans les centres de formation. Le Brésil, l'Argentine et désormais le Maroc l'ont compris : sans centres de formation modernes, on ne produit plus de talents au plus haut niveau. Le Cameroun doit copier le modèle de l'Académie Mohammed VI au Maroc.

3. Naturaliser intelligemment. Le Maroc, l'Algérie et le Sénégal ont énormément profité de leurs binationaux. Le Cameroun a une diaspora énorme en Europe (France, Allemagne, Belgique). Il faut aller chercher activement les joueurs camerounais nés à l'étranger qui pourraient renforcer la sélection.

4. Améliorer la préparation tactique. Il faut multiplier les rassemblements et les matchs amicaux contre des nations européennes. Sans confrontation au plus haut niveau régulièrement, difficile de progresser.

5. Restaurer la culture gagnante. Les anciens (Roger Milla, Samuel Eto'o, Geremi) doivent davantage transmettre aux jeunes ce qu'est l'ADN des Lions Indomptables : combat, fierté, intelligence collective.

L'espoir CAN 2027 au Maroc

La CAN 2027 se déroulera au Maroc, et c'est une excellente nouvelle pour le Cameroun. Les conditions de jeu seront optimales (stades modernes, températures clémentes), et notre diaspora en Europe pourra plus facilement faire le déplacement. Si l'équipe arrive bien préparée, je pense qu'on a une vraie carte à jouer.

Dans mes prochains articles, je décortiquerai chaque adversaire potentiel et je vous donnerai mes analyses tactiques sur les matchs amicaux des Lions. Je suivrai personnellement chaque rassemblement de l'équipe pour vous offrir une couverture complète et passionnée.

Allez les Lions ! Vivement 2027 et le retour au sommet du football africain.